Les économistes, malgré leurs échecs récurrents tentent toujours de faire croire aux foules en mal d’augures qu’ils peuvent prédire quoi que ce soit en "économie", art mineur qui est à la science ce que l’astrologie est à l’astronomie. Mais jusqu’a présent des monceaux de statistiques n’ont toujours pas permis de PREDIRE ce qui pourrait se passer pour au moins deux bonnes raisons :
a) ces "experts" ne sont pas d’accord entre eux sur la manière de décrire ce qui s’est passé, ce qui est délicat quand on veut se référer au passé pour anticiper l’avenir
b) sur la foi de quelques réussites anciennes parcellaires favorisées par une économie beaucoup plus simple relativement facile à "modéliser", où les Etats étaient théoriquement tout-puissants, on essaie d’extrapoler à un monde devenu quasiment sans règles, avec des états désarmés et moins riches que "le marché", avec des millions d’intervenants, avec une surpuissance de l’information voire du "buzz" qui par définition surprend toujours tout le monde, et surtout, avec ce qui n’est nullement un complot théorique mais une réalité, la convergence de la pensée des plus riches qu’ils sont seuls légitimes pour gouverner le monde, leur richesse étant la preuve de ce droit, nouvelle noblesse qui les fait rois. Brecht parlait en boutade de changer le peuple quand il n’était pas d’accord avec les gouvernants, il semble bien qu’on soit sur cette voie, que ce soit au propre comme au figuré.
Voici donc le FMI qui nous fait son numéro de pythie, sans trop se mouiller vu la difficulté d’expliquer que tout va bien mais que la crise doit quand même se poursuivre pour continuer à mettre au pas les masses afin que surtout elles ne relèvent pas la tête. Et qui a-t-il chargé de cette tâche ? le DSK-bis, John Lipsky, ex-vice-président de la banque d’affaires JPMorgan après en avoir été l’économiste en chef, ex- économiste en chef et directeur des études à Chase Manhattan Bank : une sacrée carte de visite qui en fait un chien de garde du capitalisme financier le plus dur et le plus débridé, l’un de ceux en fait par qui "la crise" est arrivée.
Et dans ce rapport, il n’est question que de finance, alpha et oméga du FMI qui n’a toujours pas entendu parler de limites physiques à la "croissance" qui dévaste la Terre sans pouvoir assurer à l’immense majorité de l’humanité, pauvres des "pays riches" compris, un mode de vie décent.
Répétez comme ’Le Prisonnier" : NON JE NE SUIS PAS UN NUMERO !